[Ciné] Dunkerque + 120 Battements par minute

Critique cinema - Dunkerque + 120 battements par minute

Apprendre en se divertissant est clairement le thème de cette chronique cinématographique. Dunkerque, dernier film de Christopher Nolan que j’aime beaucoup nous raconte l’Histoire avec un grand H d’une bataille de la Seconde Guerre Mondiale. 120 Battements par Minute, Grand Prix du Festival de Cannes, parle lui aussi de l’Histoire, celle de l’émergence du SIDA en France dans les années 80/90 et l’inaction des pouvoirs publics face à cette catastrophe.

Je suis une grande partisane du cinéma en guise de leçon d’Histoire. J’ai lu cette semaine l’article de Mango&Salt – La fiction comme évasion – où elle explique avoir besoin de livres et de films qui la divertissent réellement et qu’elle prend peu de plaisirs à ce genre de films historiques qui ne la font pas assez sortir de son quotidien.
Je ne partage pas son avis, dans la mesure où je fais les 2. J’aime à la fois lire des livres qui me font m’évader, souvent à travers des mondes imaginaires, mais je peux sans souci enchaîner avec un essai sur la condition animale.
C’est la même chose concernant mes choix de films, j’aime alterner entre films légers et films historiques ou avec une morale bien présente. Je lis assez peu les infos et ne passe pas mon temps dans des livres d’Histoire, j’apprends donc énormément de choses à travers le cinéma, et je trouve que j’arrive malgré les sujets parfois durs à m’évader, à sortir de ma routine. Il est simplement préférable que je vois ces films plus difficiles dans une salle de cinéma, où je suis beaucoup plus concentrée que chez moi. En plus des 2 films que je vous présente aujourd’hui, je pense ainsi à 12 Years a Slave, La Couleur des Sentiments, Harvey Milk, Dallas Buyers Club, Le Discours d’un Roi, The Danish Girl… autant de films qui m’ont profondément marqué et beaucoup appris.

Et vous quel est votre avis sur le sujet ? Acceptez-vous de regarder des films aux sujets difficiles ou préférez-vous uniquement des films qui vous redonne du baume au cœur ?

Dunkerque – C. Nolan

Le récit de la fameuse évacuation des troupes alliées de Dunkerque en mai 1940.

Encensé par tous mes amis, je suis allée voir Dunkerque après tout le monde et avec de très grosses attentes. Je me plie à l’avis général, Dunkerque est un très bon film, un très bon film de guerre. Le rythme est soutenu tout au long du film, ne laissant aucune minute de répit à ces protagonistes et aux spectateurs, alternant constamment entre 3 groupes de personnages : la plage de Dunkerque, avec les soldats qui attendent désespérément pendant des jours de pouvoir monter sur un bateau pour rentrer chez eux ; les airs avec les pilotes britanniques qui viennent défendre Dunkerque de l’aviation allemande ; et enfin la mer avec un anglais, son fils et un ami qui traversent la Manche pour porter secours aux troupes sur la plage suite à l’appel de l’armée britannique qui réquisitionne tous les bateaux des civils.

Le film est visuellement très beau avec de grands plans du ciel, de la plage et de la mer, des scènes de bataille épiques et un choix de musique judicieux et parfaitement angoissant (ou parfois de ne pas en mettre). Bien qu’il y ait peu de dialogues, les soldats étant souvent plongés dans leur mutisme, les acteurs sont très bons. J’étais notamment ravie de retrouver Cillian Murphy que j’ai tant aimé dans la série Peaky Blinders.

Enfin, si j’ai bien entendu étudié la Seconde Guerre Mondiale comme tout le monde à l’école, je n’avais aucun souvenir de cette bataille de Dunkerque. Je ne savais pas que des soldats anglais étaient coincés sur la plage et que des civils allaient être obligés de traverser la Manche pour leur porter secours. J’étais donc ravie de découvrir cet aspect de la Guerre à travers ce film. Cependant ce film ne me marquera pas comme 120 Battements par Minute dont je vous parle ci-dessous.

Ma note : 4/5

 

120 Battements par Minute – R. Campillo

Début des années 90. Alors que le sida tue depuis près de dix ans, les militants d’Act Up-Paris multiplient les actions pour lutter contre l’indifférence générale.
Nouveau venu dans le groupe, Nathan va être bouleversé par la radicalité de Sean

A la fois un grand film et un film qui traite d’un sujet important, 120 Battements par Minute m’a mis une claque.
A vrai dire je ne pense pas avoir pris une telle claque depuis Mommy de Xavier Dolan, en 2014 donc. D’ailleurs cela ne m’aurait pas étonné si j’avais appris que c’était Dolan qui avait réalisé ce film, tant certains des choix de mise en scène de Robin Campillo par sont aussi forts et marquants que ceux de Dolan.

Par quoi commencer pour vous parler de ce film magnifique… Le sujet d’abord. 120 BPM se passe donc dans les années 90, une dizaine d’année après l’émergence de l’épidémie du SIDA en France. Nous suivons un petit groupe de membres d’Act-Up Paris, une association non violente de malades ou de gens concernés par le SIDA et plus précisément 2 protagonistes : Sean, un homosexuel séropositif et Nathan qui est lui séronégatif et également homosexuel. Nous suivons donc leurs réunions hebdomadaires dans un amphithéâtre où ils débattent, votent leurs prochaines actions, ces actions, mais aussi le développement de la maladie de certains et leurs tentatives auprès d’un gros laboratoire pharmaceutique pour obtenir les résultats concernant des essais sur de nouvelles molécules.
On apprend ainsi qu’à l’époque obtenir un traitement était extrêmement difficile, que ces derniers ne sont jamais vraiment efficaces, que l’Etat refuse de communiquer sur le SIDA de peur de choquer l’opinion publique en parlant ouvertement de rapports sexuels ou de toxicomanie, que l’opinion publique justement ne se sent que très peu concernée par cette maladie qui ne touche d’après elle que les homosexuels. Et que par conséquent, énormément de gens ont été contaminés dans les années 80 et 90 car tout simplement ils ne savaient pas qu’il fallait se protéger, n’ayant jamais entendu parler du SIDA.
Le sujet est donc d’une importance capitale et en sortant de la salle, mon ami et moi somme tombés d’accord pour dire que ce film devrait être projeté dans tous les lycées de France, que chaque personne grandisse en ayant bien conscience des dangers du SIDA et de la nécessité de se protéger à chaque rapport.

Je ne connaissais aucun des acteurs, voyant finalement assez peu de films français, mais tous sont d’une justesse incroyable, jonglant parfaitement entre les phases difficiles de la maladie en phase terminale et les accès de colère face à l’immobilité de l’Etat, à la rétention d’information des labo ou à l’encontre de certains membres de l’association car plus celle-ci grandit et plus il y d’avis différents.

Visuellement, ce film est magistral. Alternant avec brio les phases plus lentes de dialogues, parfois un peu longues mais toujours justifiées, les phases d’activisme et celles où les personnages célèbrent leur action en boîte de nuit. Ce sont ces dernières scènes qui m’ont laissé un souvenir impérissable. Elle en laissera peut-être de marbre mais en ce qui me concerne voir ainsi filmer les fêtards sous une lumière stroboscopique, une musique au rythme soutenu et la poussière qui apparaît dans chaque raie de lumière m’a vraiment marquée. Quant au reste de la B.O. écrite par Arnaud Rebotini, je pense qu’elle fera partie des playlists Spotify que j’écoute régulièrement.

Je ne sais quoi vous dire d’autre pour vous inciter à aller voir 120 Battements par Minute. Oui le sujet est dur mais il n’est pas traité de manière à vous faire absolument pleurer, au contraire.
120 Battements par Minute respire l’amour et la force du combat pour une cause juste.

Ma note : 5/5

Avez-vous vu ces films ?
Que pensez-vous du principe d’apprendre à travers un film ?

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